Croissance de 125% en 2008 : Le marché postal en plein boom
Yasmine Idjer
Le marché postal a enregistré un boom extraordinaire en 2008 avec une croissance rapide de 125%. Il est en train de suivre le même chemin que les télécommunications auquel il était étroitement lié avant le lancement de la restructuration du secteur par l’Etat il y a quelques années. Selon un rapport de l’Agence de régulation des postes et télécommunications (ARPT), le chiffre d’affaires de cette activité est passé de 72 millions de dinars en 2007 à 163 millions de dinars l’année d’après. Pas moins de 40 opérateurs se partagent ce marché qui devient plus attractif au fur et à mesure que le monopole d’Algérie Poste (AP) est levé. Pour préserver la pérennité de cette entreprise publique, le gouvernement a décidé de procéder par étapes en privilégiant un processus de libéralisation progressive au lieu d’une ouverture totale qui aurait été brutale, voire fatale pour l’opérateur historique du moins pour ce segment. Les sociétés privées dont de grands majors tels que DHL et UPS, Fedex, Chronopost, ne sont donc autorisés à offrir que des prestations de services pour des courriers ou des colis de plus de 50g contre 250 g durant les années 2006 et 2007. Ce qui laisse quand même une légère marge de manœuvre pour Algérie Poste qui garde la main mise sur «le petit courrier» grâce au régime d’exclusivité dont elle bénéficie. Toutefois, même avec cet avantage, la rude concurrence commence à impacter ses résultats financiers. Le chiffre d’affaires d’Algérie Poste a connu, en effet, une diminution de l’ordre de 12,5% et, par voie de conséquence, la baisse de sa part de marché qui est descendue à 5% contre 12,7% en 2007. «Le chiffre d’affaires des autres opérateurs ne cesse d’augmenter alors que celui d’AP diminue de façon préoccupante. La résiliation de la convention avec Algérie Télécom a engendré des répercussions sérieuses sur le chiffre d’affaires d’AP», note le rapport.
Ultimatum pour les opérateurs défaillants
L’ARPT signale, par ailleurs, que sur les 40 opérateurs enregistrés à la fin de 2008, seuls 20 exercent effectivement l’activité postale, soit 50% de l’ensemble des opérateurs. Face à cette situation, l’autorité de régulation a décidé de sévir. Les attributaires de certificats d’enregistrement ont été exhortés de débuter l’activité postale, autrement, ils se verront retirer l’autorisation d’exercer. «L’ARPT ne pouvait accepter de maintenir dans son fichier des opérateurs non actifs indéfiniment, c’est pour cette raison qu’il a été décidé d’assainir le fichier existant et de ne garder que les opérateurs qui activent réellement», précise-t-on du côté de l’ARPT. On apprend de même source que le volume de trafic global (courrier/Colis) domestique a connu une augmentation de 130,3% par rapport à l’année 2007, enregistrant ainsi un trafic estimé à 264.392 objets contre 114.807 objets en 2007. L’essor du marché postal s’est traduit également par le développement de la sous-traitance. Le courrier sous-traité représente un volume de trafic de 12.000 objets, soit un taux de presque 4,5% du volume global contre 2% en 2007 et 3,7% en 2006. Le chiffre d’affaires de la sous-traitance est estimé à 6,4 millions de dinars, soit 4% du chiffre d’affaires global réalisé par l’ensemble des opérateurs.
La clientèle
L’ARPT donne aussi un profil précis des clients qui recourent aux services postaux pour acheminer leurs courriers et autres colis. Ainsi, il ressort que les particuliers et les administrations ne représentent respectivement que 9 et 2,7% de la clientèle. Les entreprises privées ou publiques (compagnies pétrolières, banques, PME/PMI, cliniques …) constituent 89,3% des émetteurs de courriers. Les différents opérateurs disposent de 178 agences réparties à travers le territoire national. Durant l’année de référence, l’ARPT constate que l’investissement a été marqué par une augmentation du nombre d’agences de l’ordre de 10%. Quatre nouveaux opérateurs, à savoir Palmera, Djez Express, On Time International et Nadex Express avaient fait leur entrée dans le marché algérien durant la même période. La diminution à 50g du poids de l’exclusivité provoque un engouement certain du marché de la simple déclaration, mais ce dernier ne peut être réellement concurrentiel, au sens propre du terme, que lorsque les contraintes de poids seront totalement levées, conclut l’ARPT.
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